Oser dire :

La rumeur, ça suffit !

Depuis quelques jours, élèves et parents d’élèves sont harcelés de mails et SMS provenant d’associations extrémistes qui propagent la rumeur selon laquelle , parce que le genre est introduit dans les programmes scolaires, leurs enfants seraient en danger à l’école. Non seulement cette manœuvre de déstabilisation est révoltante mais de plus, elle est mensongère. Depuis plusieurs jours également, les propos les plus extrémistes circulent dans les rues ou les réseaux sociaux réveillent les haines envers les homosexuels, les juifs, les féministes, les professeurs des écoles appliquant l’ABCD de l’égalité, les chercheurs en étude sur le genre, tous présentés comme des ennemis de la société( …)

Non, les enfants ne sont pas en danger. Non, il n’y aura pas  de projection de films « sexuels » à l’école, et les garçons ne seront pas transformés en filles, ni inversement.

Non, la prétendue « théorie du genre » n’existe pas mais, oui, les études existent. Le genre est simplement un concept pour penser des réalités objectives. On n’est pas homme et femme de la même manière au Moyen Age et aujourd’hui. On n’est pas homme et femme de la même manière en Afrique, en Asie, dans le monde arabe, en Suède, en France ou en Italie. Le « genre » est un outil que les scientifiques utilisent pour penser et analyser ces différences.

Oui les programmes scolaires invitent à réfléchir sur les stéréotypes de sexe, car l’école, le collège, le lycée, sont les lieux où les enseignants promeuvent l’égalité et la tolérance, où les enfants apprennent le respect des différences culturelles, religieuses et sexuelles. « Papa lit le journal au salon, maman est à la cuisine », voilà comment les élèves de collège apprenaient l’allemand à travers les aventures de Rolf et Gisela en 1980. Réfléchir sur le genre, c’est réfléchir sur ce genre de message.

Oui l’école est ce lieu où l’on permet à chacun par les cours de français, SVT, histoire ou éducation physique, de réfléchir sur les conséquences néfastes des idées reçues et préjugés, ceux qui ont fait que pendant des siècles, un protestant n’épousait pas une catholique, qui font que l’on insulte une ministre pour sa couleur de peau, que des petits garçons sont malmenés sur la cour de l’école aux cris de « pédés »,ce  qui fait que Matteo n’osera pas dire qu’il est élevé par deux mamans,  ou qu’Alice veut mourir parce qu’on la traite de garçon manqué. Oui l’école est ce lieu où l’on permet aux élèves de se demander pourquoi les princesses aussi, ne sauveraient pas les princes.

Les études sur le genre recouvrent un champ scientifique soutenu par le Ministre de la recherche, et de l’enseignement supérieur et le CNRS, elles ont des utilités nombreuses dans la lutte contre les discriminations : ces travaux existent depuis longtemps. Nombreuses sont les académies, universités à organiser des formations sur ces thèmes…pour les enseignants de toutes les disciplines, du primaire comme du secondaire.

En permettant aux élèves de constater la diversité des familles actuelles, en montrant que, selon les lieux et les époques, les rôles des hommes et des femmes ont varié et que l’amour a des formes multiples, les chercheurs, les enseignants et les professeurs des écoles offrent aux enfants , aux citoyens et citoyennes de demain, la liberté de construire un monde plus égalitaire et plus harmonieux. 

Texte rédigé et signé par une centaine d‘ enseignants, éducateurs, chercheurs… de disciplines diverses,  des universités de Strasbourg, Reims, Lille, Paris, Poitiers, Clermont-Ferrand, Lyon, Aix-Marseille, Nice, Toulouse, Bordeaux, Angers…

Ce texte/pétition  peut être signé sur le net

Et comme il pleut beaucoup on fonce à la première librairie pour acheter le dernier BOBIN, «  La grande vie », chez Gallimard,  ou si l’on a entre 9 et 13 ans, « S’il te plait maman, parle moi de l’amour » de Inès PELISSIE, ed.  St PAUL